27 août 2014

Une ère ou une autre

l'ardoisele temps arrêté le cou coupé des heuresà la craie effacer à flots les contours à travers l'infininous demeuronsinsubmersiblesaux lèvresnos noms lettres déliées aux langues mollesbouches ouvertestous les liquides déversésnous porteronsà bras tremblantsl'intempérie
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20 août 2014

Souvenirs du temps suspendu

Au bord du lac L'ambre chevelure qui n'est pas la tienne Le corps emprunté que jalousement tu gardes Il y avait d'insondables nostalgies    À qui raconteras-tu  Les cristaux rejetés La berge où glisse ton pied Il n'y aura plus rien de tout ça   J'avais quinze ans ou vingt déjà  J'avais mes dents comme des couteaux La voix brisée d'avoir retenu  Des vers soufflés au silence   Et toi dans la fumée  Habitant l'automne comme une robe légère Tu portais au visage Toute l'iridescence ... [Lire la suite]
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18 août 2014

Armistice

le voeu fou : un jour nous cesserons cette guerre un jour ta joue n'aura plus la trace sanglante de mes injures   à tes pieds nus je déposerai toutes les armes  au nom d'une histoire achevée d'un drame sourd plombé de larmes   un jour mes bras seront las de ne plus pendre à ton cou et mes mains seront fatiguées  de se fermer sur le frimas   le voeu fou c'est ta bouche qui s'enterre à la mienne nos corps battus qui reposent à l'aube comme sur un drapeau blanc 
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16 août 2014

Excitation du départ

Patiemment, tu as appris à ôter ta peau comme on se dévêt d'un manteau usé. Tu as acquis, au fil d'années longues comme des siècles, un savoir-faire comparable à celui des meilleurs bouchers. Ton corps, longtemps caché entre les ombres satinées, ne possède plus aucun secret. D'une incision précise, tu sais retirer ligaments, phalanges, malléoles en quelques secondes. Tu sais sectionner l'artère, crever les poumons, percer le crâne. Il t'aura fallu un entraînement acharné et une détermination sans faille ; aujourd'hui, te voilà... [Lire la suite]
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15 août 2014

Note lyrique

Dans les ciels peints de pourpre et d'argent, je ne parviens pas à m'extraire. Je traîne mon corps tremblant à travers les villes, manteau de mauvaise chair dont les coutures se défont. Qui, en me voyant, oserait dire que l'homme ne se résume pas à son enveloppe de peau et de nerfs ? Mon esprit se craquelle au même rythme que mes os. Je n'ai jamais atteint de quelconque volupté spirituelle dissociable de ma condition physique : je ne ressens l'amour que par les mains contre mon cou, et ne comprends la douleur que lorsqu'elles se... [Lire la suite]
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13 août 2014

Mutations muettes

les choses autour de moi  il y a bien quelque chose comme l'esquisse d'un changement  quelque chose d'un parfum inconnu   mais nous implacables dans notre mutisme nous  forteresses inaccessibles   nous ne changerons pas sans originalité jusqu'au tombeau  immuables   les hommes le long des berges rêvent-ils parfois au rives opposées   i'm still wondering 
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12 août 2014

Landes brisées

il fait trop lourd vivre trop lourd se mouvoir dans la moiteur neuve l'éclatant soleil étranger dans un an ou deux peut-être tu reverras dans ce pays celui de ton enfance   mais les aiguilles de pin écorchent tes pieds nus ta gorge s'ensable à force de hurler tu deviens femme marine la peau recouverte de sel et d'ordures    des effluves sucrées de résine t'étourdissent des murailles aqueuses s'élèvent et te poursuivent des hommes bruns cueillent ton corps défait   tu es revenue sur tes traces de pas ... [Lire la suite]
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11 août 2014

Hors saison

Tu trembles                        c'est le froid Non tu trembles tu es monument au coeur du tremblement           le froid je te dis Et bien alors quoi qu'est-ce donc dis-moi à moi À moi tu peux tout dire même ce qui ne se dit pas                                                            ... [Lire la suite]
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10 août 2014

Quotidien désastre

Partout, des flaques de sang, bruits de bombes, lumières qui déchirent le ciel et la peau. Partout les rumeurs du monde moderne, les prodiges technologiques d'une société agonisante, les trésors dorés qui défilent sur les écrans. Partout le chiffre, les morts graphiques, les épidémies multicolores sur les atlas. Partout, cette impression d'être déjà enterré, déjà absent ; les yeux pourtant, les coeurs partout qui battent sans compter. Partout, l'insolent désir de paix. 
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09 août 2014

J'écris pour gagner mon pain béni

j'ai tout fait reposer sur la corde fragile  j'ai posé ma vie entre les lignes prié les mots comme des saints   les vers ont rongé lentement mes entrailles abandonnées j'ai pris ma peau pour parchemin   dans les soirs artériels j'écris par coups de sang   il y en a qui courent qui gardent bouche close qui joignent leurs mains vides   nous avons en commun cette quête risible du salut incertain    
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