30 novembre 2014

Je n'empêche rien

il faudrait me faire couvrir le tableau noird'un même vers il faudrait me nourrir de craieil faudrait m'enfermer sous terreque faudrait-il fairedites-moime briser le cou à coups de piedsme couper les doigtsme mordre la languele silence enfinque je ne tourne pluscomme un loup en liberté
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27 novembre 2014

Sur les nuits

La nuit, je n'aime pas les hommes. Quelque chose m'en empêche. Leur pupille ne s'allume pas d'un reflet lunaire. Ils perdent leurs mots au fond de leur verre. Quelque part, la nuit, je ne m'aime pas non plus. Il y a cette autre chose qui m'habite, symphonie assourdissante qui couvre mes pensées. Dehors, je noie les idées rouges dans des alcools amers. Dedans, je sens les fissures qui s'agrandissent. La nuit, je perçois en chacun quelque chose qui se brise.
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25 novembre 2014

Chronos

chronophagie intensequelque partà force de dévorer les heuresil n'y aura plus de temps à perdrepeut-êtreà détruire le présenttu creusesd'autres ridesenfinta peaun'est plus à sauvertoutes les aubes salivairescoulent de ta bouchedemain demains'éloignent.
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23 novembre 2014

Folie d'hommes

cette année il me semble que l'écriture n'a pas été à la hauteurque la plume la plus aiguiséen'a pas su scier les barreauxgrande cage imaginairesi seulement je savais en partirmais toutes les têtes se tournent vers moiet je ne sais pas mourirje leur crie des choses ignoblesdans l'espoir fou de les voir fuirmais le public la gueule en feudéchire mes habits et m'enlaceun soir je lui donnerai mon ombreil la dévorera sans peineet je sentirai dans son haleinemes songes noirs mal digérés
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20 novembre 2014

Entre deux

tout ce que tu fais aussitôttu inversesle linceul cent fois décousula main de l'amant écraséeles mots déliés que tu vomistu n'achèves rienà la frontière pas à pas sur le filtu n'achèves rienni ton chemin de croixni pulsion d'incendie
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19 novembre 2014

Années années

la brisure orangée au fond de la rétinetu ne sais plus t'endormirton corps en éveil au creux des rêveshurlements muets d'un autre mondenovembre passe et tout remontemarée sale des souvenirshier étale ses draps rougisses nuits de haine insurmontée je me rappelle et puis     j'oublie
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17 novembre 2014

Floral

paupières pétalestu découvres dans la terre les graines d'un amour disparus'il avait fleuri alors peut-êtreton jardin aurait eu des grappes de couleurstu aurais passé le doigtsur les peaux délicatesdans l'été flamboyantet ouvert lentementles fruits indescriptiblesles minéraux humains
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16 novembre 2014

Mois à venir

des silences comme des nausées aux reins coupésle foie dans la boîte noire dans la nuit abandonnésur un bout de trottoiroffert aux chiens jetéj'ai laissé les espaces contraires se rencontrerquand rien n'est à écrire j'invente des histoiresdes liqueurs écoeurantes versées dans ma mémoiredans mes draps suffoquent des songes étrangersde l'hiver je n'attends que la chanson fragilel'écorce fine qui craque au vent glacéet trouver sur ma peaula brûlure d'un flocon
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13 novembre 2014

Passé dans le marbre

pas de radeau pas d'or délié de cor qui grondele bruit des flots seule rengaineà nos galères insoupçonnées nos grands jeux à contre-maréeje nous salueet si tu repasses par mes mots liésenvoie à la mer je t'en prieun bout de toi un bout d'ailleursun morceau d'hier en granit
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12 novembre 2014

L'automne n'est pas un beau moment

ils avaient des sourires comme des soleils d'automneils chantaient la pluie qui bat contre mon dosils me disaient tu saisles jours d'octobre sont les plus beauxces gens-là qui n'avaient jamais vumon coeur d'orange noire ces gens-là qui ne connaissaient pasmes os jetés au feu de boisces gens-là qui ne savaient pasqu'en faisant craquer sous leurs pasles feuilles mortes de novembreils marchaient un peu sur moi
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