Déjà depuis longtemps la nostalgie dans les veines comme un poison. Au fil des ans par doses moyennes, absorbé dans de grands verres de vin. Perdus : des profils de statues, amis aimés, amours déçues. Villes grises imprimées au fond de la mémoire. Je feuillette quand vient le soir l'album de mes années d'hier, je compte les noms dont je ne connais plus les formes, les visages défaits au cours des mois. L'inventaire de tout ce qu'un jour, j'ai cru être en mesure de conserver - et j'apprends que nous sommes bien incapables de préserver les choses qui nous sont précieuses.