Toutes les choses comme une immense marée à mes pieds, toutes les paroles vaines, les écrits déchirés, les mots acides qui brûlent la langue. Je me souviens de nous, je me souviens de vous : vos dents qui guettent, vos lèvres contre ma bouche, à m'arracher des blasphèmes au creux des nuits. Je me souviens d'eux, je me souviens de toi : toi qui ne parlais pas, qui souriais si bas, avec ce bonheur étrange qui roulait sur le sol et revenait toujours se poser contre tes hanches. Je me souviens de tout, je me souviens de moi : mes jalousies absurdes, mes incompréhensions, mes tragédies idiotes dessinées au marqueur sur les murs des métros. J'ai parcouru mille rues où je n'ai pas laissé de trace, avant de parvenir à jeter au miroir un regard sans frayeur.